Giacometti dans « The Final portrait » de Stanley Tucci

« The Final portrait » est un biopic sur Alberto Giacometti. Dans ce film le réalisateur Stanley Tucci ouvre les portes de l’atelier surréaliste du peintre sculpteur le plus connu au monde, par ses œuvres filiformes.

Geoffrey-Rush
Geoffrey Rush ©The Final portrait

Alors dans ce contexte Alberto Giacometti est incarné par le merveilleux acteur, australien, Geoffrey Rush qui a reçu l’Oscar du meilleur acteur dans « Shine » de Scott Hicks (1966). Dans « The Final portrait » Geoffrey Rush est aussi accompagné d’un très bon casting. Comme par exemple, Armie Hammer qui interprète James Lord(1), Sylvie Testud le rôle d’Annette, l’épouse de Giacometti. Clémence Poésy est Yvonne Poiraudeau, la prostituée, surnommée Caroline, et Tony Shalhoub le dessinateur Diego Giacometti, frère d’Alberto. Et tous ces personnages évoluent sous les airs d’une musique douce, et bien ponctuée, d’Evan Lurie.

Armie-Hammer
Armie Hammer ©The Final portrait

En outre, l’acteur et réalisateur Stanley Tucci(2) met en scène un moment de la vie d’ Alberto Giacometti, d’après le livre « A Giacometti Portrait » de James Lord.

Alberto Giacometti : de Borgonovo à Paris

En effet cette tranche de vie de deux semaines est édifiante pour comprendre le grand peintre et sculpteur. Né en 1901, à Borgonovo, dans le Val Bregaglia, dans les Alpes suisses italiennes. Fils du peintre, impressionniste, engagé politiquement, Giovanni Giacometti. En 1922 Albert part à Paris, où il s’approche du mouvement surréaliste d’André Breton, pour s’en éloigner en 1935. Ici son talent est vite reconnu et son œuvre éclate dès sa première exposition au Salon des Tuileries, en 1927.

Giacometti : une personnalité forte et instable

Sylvie-Testud
Sylvie Testud ©The Final portrait

Giacometti est un grand artiste. Pour lui : « copier la réalité perçue est impossible ». Et il répète souvent : « Ma sculpture est merdique ! ». S’en suivent des crises d’angoisse, par rapport à l’achèvement d’une œuvre, et l’envie de tout effacer pour tout recommencer de manière presque obsessionnelle. En fait l’artiste n’aime pas finir les portraits, en doutant toujours de lui même et de son talent : « un menteur, dit-il, pour avoir montré, depuis 30 ans, des œuvres pas terminées ». Pourtant ses œuvres plaisent, et se vendent assez bien telles qu’elles sont. Aussi le Suisse n’aime pas l’argent ni les Banquiers. Il ne leurs fait pas confiance et préfère cacher son argent à la maison, tout en laissant sa porte ouverte.

L'Homme-qui-marche
L’Homme qui marche I, 1960 ©Succession Giacometti (Fondation Giacometti, Paris et ADAGP, Paris) 2012 ©Ph : UNESCO/RDI 2018

Silhouettes filiformes

Dans ses créations l’artiste sculpte sa propre vision du monde. Et en 1945 ses silhouettes filiformes deviennent célèbres dans le monde entier. Ces silhouettes représentent, selon Giacometti, « La fragilité de l’être humain comme si à chaque instant il pouvait s’écrouler ».

The Final portrait – le film 

Mais le film « The Final portrait » débute bien après. C’est en 1964, lorsque James Lord, Jim pour les intimes, écrivain et critique d’art américain, a rendez-vous avec l’artiste au 46 rue Hyppolite Maindron à Paris 14è. Alors c’est là que le grand homme, de belle chevelure argentée, aux grosses lunettes, démarche penchée en avant et cigarette aux lèvres, ouvre ses portes à James Lord (1922-2009). En effet Giacometti (1901-1966) veut peindre son portrait. Un portrait difficile à achever puisqu’il lui demande presque une vingtaine de séances. Par conséquent James reste au premier plan de la quête démoralisante de cet artiste, et peut ainsi comprendre la complexité du processus de son art.

Clémence-Poésy
Clémence Poésy ©The Final portrait
Stanley-Tucci
Stanley Tucci réalisateur « The Final portrait »

Avec son savoir faire Stanley Tucci a réalisé un très beau film. Car il retrace avec fidélité les attitudes de l’artiste Alberto Giacometti dans une partie de sa vie, montrant le personnage en tous ses états, dans l’ambiance et dans les couleurs de l’époque de manière bluffante. Parce que le tout a été reconstitué à Londres, au Twickenham Film Studios et dans différents lieux de la capitale anglaise.

Ce film est dans les salles françaises depuis le 6 juin 2018.

NOLDS.

 

Notes :

(1) James Lord est le célèbre biographe d’Alberto Giacometti et de Pablo Picasso. En 1952, cet ami de Pablo Picasso et de sa maîtresse Dora Maar, rencontre Giacometti au café des Deux Magots à Saint Germain des Près, à Paris 6è. Puis une vingtaine d’années plus tard, Giacometti lui demande de poser pour un portrait. Lors de ces visites dans son atelier, l’écrivain devient l’un des plus fidèles amis du peintre. Et pendant les longues heures de pose, James Lord peut approcher au plus près la quête désespérée de l’artiste. Alors il prend des notes, et photographe l’évolution de son propre portrait peint par Giacometti. D’où résulte le livre « A Giacometti portrait », édité en 1965.

(2) Stanley Tucci est un acteur, cinéaste, scénariste, producteur américain. Il a été récompensé aux Oscars du Meilleur second rôle dans Lovely Bones (2009). Et le film « Final portrait » est son cinquième long métrage en tant que réalisateur.