Lettre d’amour à moi-même : aimer ça s’apprend

L’amour génère l’amour

«Tu me fais pleurer./D’émotion, en profondeur./Des larmes de joie,/pour tout le bien être répandu:/des gouttes de bonheur !»

Euclides et Emília Oliveira De Alvarenga devant leur maison à Santa Izabel (Rio). Ils sont entourés par quelques uns de leurs 15 enfants, conjoints et petits-enfants.
Euclides et Emília O. De Alvarenga entourés par une partie de la famille. Santa Izabel, Rio de Janeiro, Brési

Aimer ça s’apprend

Mon amour pour moi-même est né à la fin des années 60, à la Fac au Brésil. Mais j’ai appris vraiment à m’aimer dans les années 70, en psychanalyse, avec la célèbre Inês Besouchet(*), la meilleur maman au monde.

En effet Inês Besouchet était la mère idéale de tous ceux qui sont passés par sa maison, à Botafogo, puis au Leblon, à Rio de Janeiro.

Dans sa demeure entourée par de belles plantes tropicales, chacun avait sa propre chaise ; comme celle des réalisateurs de cinéma. Inês Besouchet était la personne qui nous aimait tels que nous étions. Et elle était la personne idéale nous encourager à réaliser nos rêves.

Ma lettre d’amour

Cependant, ma lettre d’amour pour moi passe d’abord par mes parents, qui sont les responsables de ma venue dans notre Planète. Sans eux je n’existerais pas… De ce fait je leurs suis redevable de ma naissance et d’être telle que je suis.

En revanche, il est vrai que lors de mon adolescence, comme mon cerveau n’était pas encore formé, j’aurais préféré avoir d’autres parents. Des parents qui correspondaient plus à ma manière d’être et à mes sensibilités.

Mais, plus tard, lorsque je suis devenue maman à mon tour, que mon fils est né, en France, avec du recul j’ai compris toutes les valeurs de mes parents. Du coup j’étais fière d’être leur fille.

À ce moment là je leurs ai écrit une longue lettre d’amour, en disant tout le bien que je pensais de tous les deux. En effet, je les remerciais pour toute l’attention, l’affection, la bonne éducation, et pour tout l’amour qu’ils m’ont donné.

Origines sud-américaines européennes

Ainsi, par chance, j’ai eu des parents qui ne nous ont jamais frappé. Pour ces êtres, dotés d’une grande gentillesse, leur progéniture était précieuse. Aussi ils nous ont inculqué, à tous les trois, de bonnes valeurs envers nous même. Comme par exemple : l’honnêteté, le respect de soi et de la Terre.

Il va de soit que l’environnement a toujours été une priorité pour ces descendants d’Indiens Tupi-Guarani mélangés à des Européens. Du côté maternel, les Oliveira, des marranes peut-être ; en tout cas, un couple de Portugais qui s’adorait. Leur fille, ma grand-mère Emília, s’est mariée à un Indien pur souche du Brésil, Euclides F. De Alvarenga. Ensemble ils ont eu quinze enfants.

Euclides Ferreira De Alvarenga et Emília De Oliveira, avós maternos de Neide.
Euclides et Emília De Alvarenga.

Wilhelm Van der Bruyn

Du côté paternel, la mère de mon père s’appelait Olívia Brum. Peut-être, selon mes sources intellectuelles portugaises, elle était une descendante de Wilhelm Van der Bruyn ou Guilherme de B, comme il s’est fait appeler au Portugal.

Wilhelm est né à Maestricht, dans une famille d’origine flamande, qui a déménagée au XVè siècle sur l’île de Madère. À Madère il s’est marié et a eu des enfants qui se sont déplacés sur plusieurs îles de l’archipel des Açores, surtout à Faial, donnant origine aux Brunos da Silveira

Quant à ma grand-mère Olívia Brum elle s’est mariée avec Cândido Silva De Souza, fils d’une Indienne mariée à un Français. Un Français qui, d’après mon père, faisait tourner son moulin à farine avec des chiens, et qui laissait le fromage avoir des vers et des moisissures nobles pour les manger. Sûrement pour avoir sa dose de l’antibiotique pour suivre les conseils de sir Alexander Fleming.

Résultat : l’un des fruits de ce mélange humain c’est moi !

Par ailleurs, concernant mon amour pour moi, j’aime particulièrement ce côté de militante claustrophobe. D’où ma nécessité vitale d’être libre sans parti et sans parti pris.

Zorro

Oui, j’aime la liberté de cet individu qui a besoin de justice et de faire ses propres lois. Or quelquefois je signe même mon nom d’un seul « N », tel un « Z » de Zorro à la verticale. Tout en préservant l’enfant rebelle qui habite dans le plus profond de mon être. J’apprécie aussi de ne me pas me prendre au sérieux. Et surtout d’avoir une bonne dose de bon sens.

Par conséquent, j’hésite à donner de l’argent à des associations caritatives. Puisque j’aurais préféré plutôt éviter la cause qui donne naissance à ce type d’associations. Voilà l’une des raisons pour laquelle je préfère m’abonner à des journaux qui dénoncent les mauvais actes politiques, et qui ne survivent que grâce à l’argent de leurs abonnés. Tels que le Canard Enchaîné ou Mediapart par exemple. Ou aussi m’engager auprès des associations engagées à aider la Planète, afin que la démocratie puisse continuer d’exister. Et que le monde soit plus juste.

NOLDS.

Note :

(*) Inês Besouchet a créé le Centre d’Anthropologie CliniqueCESAC, dont elle était la présidente, à son domicile au Leblon. Elle est la fondatrice de la Société de Psychanalystes de Rio de Janeiro, affilié à la Société Internationale de Psychanalyse à Londres.