Des Rêves sans étoiles au cinéma le 20 septembre

Des Rêves sans étoiles est un titre poétique et très expressif par rapport au contenu du film de Mehrdad Oskouei. Un documentaire remarquable et courageux sur des jeunes adolescentes iraniennes issues de familles à problèmes.

Lien : bande annonce

Des Rêves sans étoiles. Adolescente attend sa famille à l'extérieur de la prison.
Des Rêves sans étoiles. Adolescente attendant sa famille

Des Rêves sans étoiles, en iranien Royahaye Dame Sobh, a été tourné dans un Centre de détention et de réhabilitation pour mineures. Ce documentaire raconte la vie d’adolescentes abusées, quelquefois violées par leurs proches. Elles sont détenues suite à des délits divers, allant du vol à la tire, en passant par le trafic et la vente de drogue jusqu’à l’homicide.

Le réalisateur Mehrdad Oskouet donne la parole à ces victimes, issues de la société iranienne, afin qu’elle puissent faire entendre leurs voix. Tout en apportant un aspect terrifiant d’un système familial archaïque et macho.

Des Rêves sans étoiles, entre des rires et des larmes

Ainsi dans ce lieu enfermé, se sentant en sécurité, les filles racontent leurs vies entre des rires, des larmes, et des chants. C’est aussi une manière de laisser passer le temps dans cet abri, où elles se sentent protégées d’elles-mêmes.

Ces Persanes dans leur raisonnement ont des propos assez clairs et intelligents. Ce sont encore des enfants, mais elles savent mettre le verbe dans leurs émotions et dans leurs arguments. Cependant ces adolescentes sont aussi désabusées, malignes, comédiennes. Ainsi elles savent aussi bien s’amuser, s’entraider, se consoler, ou s’occuper du bébé de l’une d’entre elles. Dans ce centre elles se ressemblent et se comprennent dans la douleur de leurs vécus. Néanmoins cette vie en réclusion n’est pas une vie pour personne.

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Le réalisateur iranien Mehrdad Oskouet

La peur d’être dehors

Certaines de ces jeunes femmes ressentent de la peur lorsque arrive le moment de quitter le Centre. Elles ont peur de ce qui les attendent dehors. Elles ont peur de se retrouver face aux hommes de la famille. Peur de ces hommes qui les ont tant fragilisées par leurs violences extrêmes.

En même temps, ces jeunes iraniennes souffrent du manque de contact familial, surtout celui avec leur mère, sœur, ou grand-mère. Même si celles-ci n’ont pas su les protéger des prédateurs familiaux. Elles se trouvent alors face à des situations ambigües et assez déconcertantes.

Jeune-iranienne-détenue
Jeune iranienne détenue

Ce film montre un exemple d’univers musulman, où règne la drogue, la détresse, le viol. Un monde où la plupart des femmes se taisent, sans oser dénoncer la barbarie infligée à leur sexe.

Mehrdad Oskouet a su avoir de l’empathie pour ces jeunes filles. Et il a choisit celle qui s’appelle Khatereh comme fil conducteur de son film, en la suivant jusqu’à sa libération.

Ainsi Mehrdad Oskouet montre le point de vue de ces filles qui ont été amenées à la délinquance. Et pour qui l’emprisonnement est un moyen pour prendre du recul, et de se mettre à l’abri des mauvais traitements familiaux. Enfin pour elles ce centre en quelque sorte les a sauvées du pire. Soit de la violence de la rue ou de celle de leurs propres familles.

Le réalisateur Mehrdad Oskouet

Dans un entretien, en 2016, Oskouet explique à Amir Soltani, directeur artistique du Festival de Toronto, que depuis longtemps ce projet lui tenait à cœur. En

Mehrdad-Oskouet-réalisateur
Mehrdad Oskouet

effet sa première tentative de tournage sur des enfants en détention remonte à 2006. Mais il lui fallait l’autorisation de la Justice fédérale pour filmer. Ensuite il devait obtenir la confiance de la direction d’un Centre et des détenues. Il l’a gagné en leur projetant ses deux derniers films : Les Derniers jours de l’hiver (2011) et It’s Always late for freedom  (2007). Deux films primés en tant que meilleur documentaire à Genève, Amsterdam et Toronto.

Né à Téhéran en 1969, Mehrdad Oskouei est un ambassadeur culturel des Nations Unies. Mais aussi un membre fondateur de l’Institut d’Anthropologie et de la Culture d’Iran. Aujourd’hui ce producteur indépendant et homme de théâtre est considéré comme l’un des plus importants documentaristes iraniens. Ses films sont souvent sélectionnés et primés aussi bien en Iran qu’à l’étranger.

Aussi Des Rêves sans étoiles a déjà remporté plus de 25 Prix internationaux. Parmi eux, en 2016, le Prix Amnesty International au Festival de Berlin, le Grand Prix Nanook au Festival International Jean Rouch, le Prix True Vision au Festival True/False aux États-Unis.

Des Rêves sans étoiles sort en salles ce mercredi 20 septembre 2017.

NOLDS.