Antoine Pierini un maître verrier au Festival de Cannes

Le sculpteur Antoine Pierini utilise le feu et le verre pour modeler des créations artistiques uniques. C’est également une histoire de famille, car Antoine est fils du fameux maître verrier de la ville de Biot, Robert Pierini.

Trophée Meilleure Création Sonore
Trophée créé par Antoine Pierini @RDI

Ce trophée lumineux, d’Antoine Pierini, en verre transparent, avec des bulles d’air et des touches de couleurs, est attribué depuis 2017 à la Meilleure Création Sonore du Festival de Cannes.

En 2018 le lauréat est le film « Gräns » (Border) d’Ali Abbasi. Le réalisateur n’étant pas présent l’actrice Eva Melander l’a reçu pour lui.

Alors que l’année dernière, c’est Kaouther Ben Hania (La Belle et la meute) qui l’a eu. À la Salle des Ambassadeurs à côté d’Antoine Pierini, elle tient entre ses mains le précieux objet.

Rencontre avec Antoine Pierini

Pour savoir un peu plus sur le maître verrier, Regard’Infos est allé dans l’atelier des Pierini à Biot. Dans un ancien moulin à huile d’olives, arboré et ensoleillé, Antoine crée avec des mains habilles.

Regard’Infos : C’est vraiment un travail d’équipe ?

Antoine Pierini : Oui, à deux on peu déjà commencer à faire beaucoup de choses. Et à trois on est beaucoup plus efficace.

RDI : Vous n’utilisez jamais de gants ?

A. P. : Non. Mais entre la main et le verre, il y a toujours un outil. Comme la mailloche, qui a une forme creusée dans du bois fruitier en général. Aussi du papier journal mouillé. On le plie, et après, dès qu’il brûle, il faut toujours qu’il soit mouillé pour qu’il glisse avec le verre.

L’atelier Pierini

Atelier-Pierini
Atelier Pierini @RDI

À l’atelier, Jérôme commence un élément d’une tige de bambou. Avec une canne à souffler, il prend du verre coloré et réchauffe la matière dans un petit four. Puis il la façonne, avant de la refroidir à l’air comprimé et l’insérer dans un four à verre liquide.

Des gestes répétitifs, tout en minutie, à partir des grains de sable, du feu et du souffle, pour sculpter le verre en fusion. Et comme le verre durcit en refroidissant, toutes les minutes, il doit être réchauffé dans un four à environ 1.300° afin d’être ramolli et retravaillé.

Ensuite, à l’aide d’une palette de bois Antoine aplanit la base de la pièce. Puis avec une torche Jérôme réchauffe une partie précise. Tandis que Maxime roule la canne pour allonger la pièce, la resserrer au milieu, et lui donner une forme échancrée.

Tiges-de-bambou
Tiges de bambou d’Antoine Pierini ©RDI

Des manipulations synchronisées entre les trois hommes, pour la maitrise de la matière, des couleurs et des formes. Alors qu’Antoine effectue les finitions du col du morceau de bambou avec Maxime, Jérôme est déjà en train de débuter un nouvel élément.

Enfin, superposées, ces pièces formeront une tige de bambou comme celles ci-contre.

Résultat : des objets d’art qui fascinent aussi bien par les teintes que par l’élégance des formes, fruits de la passion de l’artiste pour le verre.

Au-delà d’une belle transmission de père à fils dans une bâtisse où Antoine est né, et où sont exposées quelques unes de leurs œuvres. Dont celle créé par Robert lors de la naissance d’Antoine.

NOLDS.