Al Gore et « Une suite qui dérange » au cinéma

Al Gore. Le grand défenseur de l’environnement revient au cinéma dans le documentaire « Une suite qui dérange : le temps de l’action ».

Avec « Une suite qui dérange : le temps de l’action » Al Gore continue à alerter sur les effets négatifs du réchauffement climatique.

Ce film montre que l’on peut faire bouger les mentalités. Cependant onze ans après « Une vérité qui dérange », de Davis Guggenheim, Oscar du meilleur film documentaire, le problème planétaire n’est toujours pas réglé.

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Al Gore en conférence ©Paramountpictures

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Aujourd’hui, dans « Une Suite qui dérange : le temps de l’action », l’ancien vice-président des États-Unis dénonce encore le changement climatique. Cette fois-ci il est mis en scène par Bonni Cohen et Jon Shenk.

Festival International de Cannes

« Une suite qui dérange : le temps de l’action » a été projeté, en séance spéciale, hors compétition, au Festival International de Cannes 2017. Ce film est un rappel des répercussions du réchauffement de la Terre, avec les effets météorologiques qui sont de plus en plus destructeurs. C’est pourquoi il nous invite à être plus attentifs, à écouter les cris d’alarme de la nature, à écouter le son du vent, des arbres, de la terre, de la mer.

Un documentaire fort et touchant

Ce documentaire débute avec de très belles images d’eau. Des images nettes et belles d’une eau limpide, translucide, qui coule glissant à travers la nature.

Al-Gore en déplacement
Al Gore à la rencontre des populations                                  © Paramountpictures

Quant aux deux réalisateurs ils suivent, sur deux ans, celui qui aurait dû être le président des États-Unis, en 2000, lors de l’élection de George Bush. Une élection controversée qui incite Al Gore à quitter la politique. Alors l’ex-journaliste d’investigation suit une mission bien plus passionnante : aider la Nature.

Dans ce sens Al Gore avoue : « Je ne me suis jamais menti en niant le fait que le président des États-Unis est l’homme le mieux à même de provoquer des changements dans le monde. Mais comme je n’ai pas accédé à cette fonction, je peux dire que j’ai été très heureux de trouver d’autres moyens d’être au service des autres, et de contribuer à la cause climatique. Je ne pourrais jamais abandonner mon engagement en faveur d’une résolution de la crise climatique. C’est un combat que je mène depuis longtemps et que je continuerai de mener jusqu’à mon dernier souffle ».

Un homme engagé

Selon la productrice Diane Weyermann, qui suit évolution d’Al Gore, « aucun homme politique jusqu’ici n’a quitté la scène politique pour prendre la tête d’un mouvement mondial apolitique ». Un mouvement pour le progrès de l’humanité toute entière, et qui lui tient à cœur. À ce titre il aurait pu être nommé Premier Président de la Terre, puisqu’il agit en faveur de l’humanité.

Évidemment pour défendre la Terre l’ex vice-président démocrate, sous les mandats de Bill Clinton (1993-2001), a tous les atouts pour convaincre. Au-delà de son intelligence, sa clarté d’esprit, sa générosité, cet excellent négociateur sait aussi se mettre au devant de la scène mondiale avec brio.

Un Combat Efficace

En outre le combat de ce lanceur d’alerte s’avère gratifiant et efficace. Parce qu’en dix ans des initiatives concrètes se sont mises en place dans le monde. Cela rend Al Gore encore plus optimiste. Pour lui une véritable révolution énergétique a commencé. Et les périls du changement climatique peuvent être surmontés, grâce à la passion et le savoir faire de chacun.

Par exemple, en Amérique du Sud, le Chili est passé, en 2013, de 11 mégawatts d’énergie solaire à 400MW, en 2014. En 2015, à 850 mégawatts. Depuis le Chili produit 13,3 gigawatts supplémentaires d’énergie solaire. Et en Amérique du Nord, aux États-Unis, les indicateurs signalent aussi une véritable hausse d’utilisation d’énergie solaire et éolienne.

Par ailleurs, l’un des moments forts du documentaire c’est une visite à Georgetown. Or cette petite ville républicaine du Texas est devenue, cette année, la deuxième agglomération aux États-Unis, après Burlington dans le Vermont, à utiliser 100 % d’énergie renouvelable. Son Maire, le conservateur Dale Ross, confie qu’« au départ c’était une simple décision d’affaires ». Al Gore rétorque que Georgetown s’est transformée en une ville à énergie propre grâce aux « calculs de ce Maire expert comptable ». En effet les résultats des comptes de Dale Ross lui ont prouvé que l’électricité renouvelable était la plus rentable pour sa ville.

Super défenseur de l’environnement

Le Prix Nobel de la Paix 2007, pour « avoir su informer le monde des dangers que représente le réchauffement climatique », fait de son mieux. Sa stature imposante,  sillonne le monde pour sensibiliser et influencer la politique internationale, à une hygiène de vie environnementale

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Al Gore – COP21, Paris, 2015©Paramountpictures

à l’échelle planétaire. Car Al Gore multiplie ses interventions sur la scène mondiale, vu que les enjeux sont de plus en plus importants et urgents.

COP21

Cet homme qui a combattu au Vietnam est infatigable. Il est partout. Il est filmé de la ferme de son enfance, dans le Tennessee (USA), aux Philippines. En passant par l’Inde et la France lors de la Conférence des Nations Unies sur le ClimatCOP21, en 2015. Où les Accords de Paris ont été signés par presque tous les pays du monde. À cette occasion les 195 pays signataires se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

En somme à la COP21 Al Gore a joué un rôle décisif. Aidé par le président américain Barack Obama (2009-2017) et son secrétaire d’État John Kerry, l’homme élégant convainc l’Inde d’adopter les énergies renouvelables. « Une suite qui dérange » rapporte une discussion entre Al Gore et les responsables Indiens. Bref l’Inde est le troisième émetteur mondial de CO2, derrière la Chine et les États-Unis. Et Al Gore veut connaître le pourquoi des réticences de l’inde à abandonner les énergies fossiles.

Elon Musk et Solar City

Dès lors que l’astucieux auteur du best-seller « Urgence planète Terre » apprend leurs raisons, il téléphone à SolarCity. L’entreprise américaine de l’ingénieux inventeur et ambitieux magnat sud-africain Elon Musk. Et Al Gore lui demande de céder, gracieusement, les brevets de ses nouvelles cellules solaires à l’Inde. Musk accepte. Al Gore tient alors des arguments solides pour persuader l’Inde à signer les Accords de Paris. Par conséquent l’Inde peut commencer à se dépolluer.

Néanmoins, en 2017, dans son propre pays, malgré toutes les raisons que Al Gore ait pu avancer pour que les États-Unis reste dans les Accords de Paris, l’ingérable Donald Trump s’en est retiré.

DISCOVR  : des plans précis de la Terre

Un autre moment fort d’« Une suite qui dérange » c’est lorsque Al Gore raconte ce que s’est passé avec l’Observatoire climatique DISCOVR. Le Deep Space Cimate Observatory est lancé, en 2015, par la NASANational Aeronautics and Space Administration, grâce à Al Gore et au président Barack Obama. Mais ce projet d’Al Gore a été enterré par George W. Bush (2001-2009).

Alors que DISCOVR est un extraordinaire observatoire du Climat. En effet, depuis l’espace profond, il bénéficie d’un point de vue unique, pour regarder en permanence la face éclairée de la planète Terre. Il est doté d’une caméra EPICEarth Polychromatic Imaging Camera. Et cette caméra fait des photos toutes les deux heures afin de fournir des informations, inédites, sur l’évolution du Climat et l’état de la Terre.

En outre, le lancement de DISCOVR concrétise un rêve d’Al Gore. Dès 1998, Al Gore souhaite mettre en place ce satellite, qui est capable de suivre en temps réel les mutations de la Terre. Cet engin peut montrer l’impact des activités de notre vie sur notre « bille bleue ». C’est un outil très performant, doté de moyens uniques pour produire des informations précises. Essentielles pour améliorer notre compréhension de l’équilibre énergétique de la Terre, et alerter sur les éruptions solaires.

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Al Gore devant des glaciers  ©Paramountpictures

Une crise climatique bien réelle

Malgré ce que disent Trump et les lobbies multinationaux, la crise climatique est bien réelle et visible. Or la fonte des glaciers au Grœnland équivaut à 250 milliards de tonnes de glace annuelles. Pour constater cette réalité, en 2016, Al Gore part au Grœnland où des glaciers explosent. Il voit des blocs de calotte creusés par des trous et remarque que « toute cette eau va en Floride ! ».

Ensuite des images du documentaire attestent que cette eau envahit littéralement la Floride. C’est pourquoi en déplacement à Miami, Al Gore marche dans des rues inondées parsemées de gros tuyaux, installés pour l’évacuation des eaux. Et avec ses chaussettes mouillées, malgré des hautes bottes en caoutchouc, Al Gore cogite : « Ça va être difficile de pomper tout l’Océan ! ».

Une question morale et éthique

Selon Al Gore préserver la Planète Terre c’est une question morale et éthique. De ce fait arrêter le réchauffement climatique est une préoccupation primordiale, puisque notre survie en dépend. De plus le réchauffement peut être contrôlé, vu qu’il est provoqué par les diverses activités des industries. Ce sont elles qui font hausser les températures, causant entre autres des tempêtes de plus en plus violentes.

De plus il ne faut pas oublier le mois d’août 2005 quand la Louisiane a été inondée à 80%, lorsque Katrina s’est abattu sur les côtes de cette ville de la Nouvelle Orléans(*). L’ouragan Katrina est considéré comme l’un des plus puissants de l’histoire des États-Unis. Aussi le plus meurtrier.

La démocratie est prise en otage par le capital

Dès lors il est temps de vaincre les obstacles des lobbys des entreprises, et que chacun fasse sa part contre la crise climatique. Tel « un tout petit colibri qui essaye d’éteindre le feu d’une forêt avec l’eau retenue dans son petit bec », rappelle l’agriculteur-écrivain Pierre Rabhi. « Battez-vous », clame Al Gore, « car le monde en dépend ! ». Quant au diplomate-résistant, Stéphane Hessel, il nous pousse avec son : « Indignez-vous ! ». 

Affiche-du-film
Affiche ©Paramountpictures

En outre, pour Al Gore « La démocratie est prise en otage. Il existe un terrorisme contre la Planète, contre la démocratie ». La Terre subit les erreurs des mauvaises décisions politiques et commerciales, au détriment de la vie. Pourtant les gens de pouvoir sont payées avec l’argent des citoyens. En tant qu’employés, leur obligation est de rendre des comptes de leurs actes à la population.

Une affiche très symbolique

Quant à l’affiche du film elle est très explicite et donne à réfléchir. Le sablier symbolise le temps qui est limité pour agir, puisque la Terre est de plus en plus surchauffée par la pollution des industries. Ainsi elle se vide, très vite, de toute son essence.

Réveillez-vous !

« Une suite qui dérange : le temps de l’action » est d’un intérêt public notoire, puisqu’il concerne tout un chacun. Chaque citoyen a le droit et le devoir de demander des comptes aux élus. Car comme Al Gore souligne  « Si les prochaines générations vivent dans un monde secoué par des inondations, des tempêtes, des raz-de-marée, des sécheresses, et des vagues de millions de réfugiés climatiques tentant de se mettre à l’abri, déstabilisant l’équilibre planétaire, elles seront en droit de nous poser la question : Mais où aviez-vous donc la tête ? ».

La Terre est notre maison

En revanche l’enfant du Tennessee avoue qu’il a de l’espoir. Il sait qu’un tas de gens sur cette planète fait des gestes concrets au quotidien.

Même si nous vivons un moment crucial, il nous reste une dernière chance pour sauver notre Planète. La Terre est irremplaçable,  elle est notre maison. Sur elle doivent continuer à vivre l’homme, la faune, la flore, et ce de manière pérenne.

« Une suite qui dérange : le temps de l’action » est un documentaire pour toute la famille. Il sort en salles le 27 septembre 2017.

NOLDS.

Note  :

#UneSuiteQuiDerange#LeTempsdelAction 7′ à partager.

(*) À voir bientôt sur France O le documentaire de Jean-Pascal Bublex sur les premiers réfugiés climatiques. Ce sont « Les Réfugiés de l’Île Jean-Charles », en Louisiane, tout près de la Nouvelle-Orléans (États-Unis).

Ce film de Jean-Pascal Bublex tombe à pic. Son film nous met face à une grave conséquence des divers choix politiques. Bublex montre une évidence dans le propre pays de Donald Trump. Le président américain qui niait jusqu’alors le réchauffement climatique, le considérant comme « anecdotique ».

En effet les habitants de l’Île Jean-Charles se trouvent obligés de quitter leurs terres. Sa population est composée d’Indiens amérindiens-francophones, descendants des premiers habitants de l’île métissés avec des colons français. Aujourd’hui, ces métisses voient ainsi leurs terres disparaître, peu à peu. Leurs terres sont poussées par la montée des eaux, les ouragans et les catastrophes environnementales provoquées par l’industrie pétrolière.