La chanteuse Cléa De Oliveira fête ses 80 printemps à Paris

L’artiste brésilienne Cléa De Oliveira émerveille le Cosy Montparnasse, lors d’un show pour commémorer ses 80 ans.

L’inégalable carioca (1) Cléa De Oliveira chante lors de son anniversaire entourée d’amis et d’amies de longue date. C’était dans le 14ème arrondissement de Paris le 7 juin.

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Cléa De Oliveira et musiciens. De gauche à droite, Toninho do Carmo, Renato Velasco, Olinda, Antônio Margarido.©NOLDS, Regardinfos.com

Une équipe de choc

Quelques jours plus tôt, c’est une équipe de choc qui s’est réunie pour organiser la fête de Cléa. Ainsi tout a été orchestrée par la comtesse Luana De Noailles, la muse de Paco Rabanne, Courrèges et Louis Féraud. Tandis que Ray Santos, du « Marts Festas », sollicitée par Cléa De Oliveira, a préparé le buffet et les décors. Cássia Barreto a aidé dans l’organisation. Florence Leroux a dessiné le graphisme des invitations. Le photographe Isac Cardoso a enregistré l’événement, Cléa Quaresma a préparé les souvenirs pour les invités. Et en direction musicale la percussionniste Betina Aarão Le Forestier a animé la soirée avec son énergie débordante.

Une soirée bien réussie

Ainsi sur la scène, durant toute la nuit, sans arrêt des chanteurs et des musiciens se sont suivis. Parmi eux : Antônio Margarido, Aparecida De Souza, Clóvis Lobão, Jorge Amorim, Nazaré Pereira, Nego Beto, Olinda, Renato Velasco, Sandra Luísa, Tarzan, Vanessa. Aussi, pour commémorer l’événement, la famille de la reine de la nuit est venue spécialement du Brésil.

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De droite à gauche : Luana De Noailles, Cléa De Oliveira, Philippe et la sœur plus jeune de Cléa.©NOLDS, Regardinfos.com

«Quand on commence à chanter, l’on ne peux plus s’arrêter»

Avec sa voix limpide, Cléa De Oliveira est appréciée de tous. Malgré son succès et bien qu’elle adore chanter, Cléa n’a jamais voulu enregistrer un disque. Dans ce sens, Cléa a même l’habitude de dire : «Je ne suis pas une chanteuse, je chante».

Ainsi ce soir, se promenant entre les invités, vêtue d’une superbe robe dorée sculptant ses belles formes, l’artiste confie en posant sa main sur la mienne : «Quand l’on commence à chanter, on ne peut plus s’arrêter».

De Rio de Janeiro à Paris

Cléa-De-oliveira
Cléa De Oliveira

Malgré avoir fait des études de comptabilité, Cléa de Oliveira n’a jamais aimé cette matière. Alors, en 2006, elle avoue à la journaliste Ana Clara Garmendia de Folha de Londrina Cléa et comptabilité : «Ne me demande pas de faire de l’administration économique parce que je ne saurais pas la faire». Avec une maîtrise en économie et après avoir travaillé dix ans au Tribunal de Justice de Rio, Cléa reçoit une bourse d’études pour Paris. Ainsi, en septembre 1967, en pleine dictature, l’élégante Cléa quitte sa cité merveilleuse, sa fratrie et sa mère. Sa maman est une grande couturière, qui confectionne pour la haute bourgeoisie de Rio de Janeiro.

Puis en arrivant à Paris, Cléa  s’installe dans un appartement à la place Saint-Michel. Ainsi elle était bien placée pour vivre, «intensément toutes les grèves de l’époque, et la grande révolte des étudiants de mai 68».

Cléa et Guy une belle histoire d’amour franco-brésilienne

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Cléa De Oliveira et son époux Guy Leroux©Isac Cardoso

Alors les jours se suivent et le destin lui fait rencontrer le publicitaire français Guy Leroux, présenté par l’amie et mannequin Luana. Quelques temps plus tard, en 1970, le couple ouvre à Saint-Germain-de-Près, en plein cœur du Quartier Latin, le fameux restaurant brésilien «Chez Guy», 8 rue Mabillon Paris 6è, durant la Coupe du monde de football. Un restaurant mythique qui fait tout de suite un succès extraordinaire. Chez Guy devient un lieu incontournable. Votre rédactrice peut en témoigner, puisque mon amie et monteuse cinéma Angela Braga Mermet m’y a amenée pour savourer l’inoubliable feijoada(*) de Cléa, un samedi de novembre 74, dès que je suis arrivée à Paris.

Beaucoup d’histoires à raconter

«Chez Guy» devient un restaurant tropical à la mode, avec de musique live tous les samedis. Un lieu où l’on pouvait écouter la crème des crèmes de la musique brésilienne en vogue à l’époque. Avec ces virtuoses Cléa De Oliveira faisait le bœuf. Parmi eux Vinicius De Moraes, Tom Jobim, Paulinho da Viola, Martinho Da Vila. Ou Baden Powel, qui lui disait : «Cléinha je ne suis pas venu pour jouer, je suis venu avec ma guitare pour t’accompagner». Une certitude c’est que Chez Guy l’on pouvait s’attabler souvent à côté de personnalités, allant de Ray Charles à Maria Betânia. En passant par Di Cavalcanti, Marcelo Mastroiani, Lourdes De Oliveira Camus – actrice du film Orphée Negro, Palme d’Or au Festival de Cannes Orfeu – Palme d’Or 1959, Pelé, François Mitterrand, Brigitte Bardot. Ou encore s’asseoir juste à côté d’écrivains de renom. Comme par exemple Jorge Amado, Simone de Beauvoir, Françoise Sagan.

Enfin, ces moments joyeux nous incitent à chanter encore « Bon anniversaire » à Cléa De Oliveira. Pour lui souhaiter une très belle vie remplie de belles rencontres, à cette femme qui chante et enchante !

NODS, Paris 8 juin de 2017.

(*) Feijoada : c’est un plat complet typiquement brésilien. Il s’agit d’un cassoulet à base de petits haricots noirs et des morceaux variées de viande de bœuf et de porc. Servi avec du riz blanc, farine de manioc, choux beurre, fines tranches d’orange, sauce picadinho (sorte de vinaigrette avec tomate, poivron, oignions, coupés en tout petits dès) et une autre sauce au piment langue d’oiseau.