Sebastião Salgado à l’Hôtel de Ville de Paris

Exposition du grand photographe brésilien à Paris du 21 février au 30 mai 2026 par le regard de son épouse

SEBASTIÃO SALGADO (1944-2025) quitte la scène à l’âge de 81 ans le 23 mai 2025, en laissant pour héritage des photographies inoubliables. Mais grâce à son épouse Lélia Wanick Salgado le public peut contempler plus de 200 de ses clichés à l’Hôtel de Ville de Paris. Car dans la salle Saint Jean il y a de grandes séries en noir et blanc sélectionnées par Lélia et son équipe. Dont 114 tirages prêtés par la MEPMaison européenne de la photographie.

Sebastião Salgado de Rio à Paris

En fait Sebastião Ribeiro Salgado Júnior est le seul garçon d’une fratrie de huit enfants. Né à Aimorés, Minas Gerais, au Brésil, il vit donc entouré de femmes. En 1964, à São Paulo, ce militant des Jeunesses communistes fait une maîtrise d’économie et rencontre la pianiste et architecte environnementaliste Lélia Deluiz Wanick. Puis, trois ans plus tard, ils se marient. Mais, comme il n’est pas facile de vivre au Brésil pendant la dictature (1964 – 1885), le couple préfère s’installer en Europe.

Sebastião Salgado et Chris Queiróz

Où les Salgado arrivent de Rio de Janeiro en France le 28 octobre 1972 dans le navire italien Eugenio C. Or dans ce bateau il y a également un Pernambucano, qui deviendra lui aussi photographe, Cris Queiroz. Les deux hommes se sont connus dans la praça Mauá dans la région portuaire au centre de Rio. Du coup ces trois là resteront amis à vie. Car Cris Queiróz fait « les tirages de Salgado à ses débuts et utilise aussi les appareils que Salgado lui prête » afin qu’il puisse travailler.

Certes ces deux Brésiliens sont bien différents non seulement par leurs régions de naissance mais aussi par leurs conditions sociales. Car l’un est de Pernambuco l’autre est Mineiro. Sebastião vient d’une famille aisée de l’intérieur des terres du Sud-Est. Et Cris est né dans une favela du Nord-Est, une région aride avec un grand soleil. Alors que ce bohème « aime le samba, le football, danser, boire avec modération, et les femmes. Sebastião s’est marié avec sa première fiancée, explique Chris Queiróz. Et avec sa femme, il consacre sa vie à sa carrière et aux œuvres sociales ».

La photographie prend le devant

En effet c’est en 1973 quand il part en mission en Angola (Afrique), en tant qu’économiste pour l’Organisation internationale du café (Londres), que la photographie se dévoile à Sebastião Salgado. Car il apporte avec lui le Leica que sa chère et précieuse Lélia lui a offert. Et voilà que les dés sont jetés et le talent de Salgado se donne à cœur joie et ne s’arrêtera plus.

Alors les trois amis se retrouveront à Paris « assis par terre à sélectionner leurs photos, se souvient Chris Queiróz. Pour ensuite aller, en bicyclette, distribuer et vendre leurs clichés aux agences de presse et magazines de la capitale ». 

En clair la chance est là et ses photos plaisent. Car comme Sebastião le dit si bien « [s]a vie » est dans ses images. Du coup, dès 1974, il collabore avec des agences photographiques prestigieuses. Telles que : Sygma, Gamma, Magnum.

Mais dans le monde c’est en 1981 que les photos de Salgado explosent suite à la couverture des premiers cent jours du gouvernement Ronald Reagan aux États-Unis pour The New York Times.

Résultat : en 1994 Salgado et Lélia créent leur propre agence de photographie.

Salgado un photographe humaniste et doué

Par ailleurs Chris Queiróz souligne qu’il est très fier de voir son ami Salgado, parrain de son deuxième fils, élu membre de l’Académie des Beaux-Arts française. Et quand Regardinfos lui demande pourquoi Salgado ne parle jamais de lui. Cris répond : « C’est parce qu’il a beaucoup de respect pour moi ».

Juliano et Rogrigo Salgado

Par ailleurs Sebastião et Lélia ont deux fils. L’ainé Juliano Salgado est cinéaste. Ainsi avec Wim Wenders, Juliano Salgado réalise Le Sel de la Terre (2014). Ce film, beau et puissant, remporte trois prix spéciaux au Festival de Cannes : Un Certain regard, jury Œcuménique et François-Chalais.

C’est un documentaire en hommage à son père. Mais aussi à l’immense travail de reforestation que celui-ci initie en 1998 avec sa mère dans les terres du grand-père paternel au Brésil, la ferme Bulcão. Où le couple plante environ 2,7 millions d’arbres et restaurent plus de 600 hectares de la superbe Forêt Atlantique avec la création de l’Instituto Terra, devenu une référence mondiale. Tel l’Instituto Soka Amazônia.

Sur le cadet, Rodrigo Salgado, son papa explique que « s’il n’avait pas été trisomique, il aurait été un grand peintre. Parce qu’il a un don de la couleur. Et c’est étonnant la manière qu’il a de mélanger les couleurs ». Ainsi, dans la nef de l’église du Sacré-Cœur à Reims, seize de ses œuvres sont transposées en vitraux par les maîtres-verriers de l’atelier Simon-Marq. Pour Sebastião cette exposition du travail de Rodrigo est très importante. L’inauguration a lieu le 24 mai. Mais le destin décide que ce soit au lendemain du décès du grand photographe humaniste brésilien.

Lélia Wanick Salgado

Aussi Chris Queiróz confirme que « Salgado avait toujours à ses côtés Lélia avec ses bonnes idées pour le soutenir. Par ailleurs, souvent, il lui remercie en public ».

Bref à l’approche du 8 mai jour de la fête des Femmes, et que l’on dit que derrière la réussite d’un homme il y a toujours une femme. N’oublions pas de leur souhaiter une excellent fête tous les jours !

En effet, dans cette exposition magnifique, Lélia est toujours avec Sebastião Salgado. Car elle l’a organisée pour partager son œuvre avec les Terriens amoureux de la photographie.

NOLDS.