« Passeurs » exposition à l’espace Krajcberg
L’exposition Passeurs réunit des artistes autochtones amazoniens. Mais il y a aussi une rencontre ce mercredi 17 juin avec l’auteure Trudruá Makuxi, commissaire de l’événement.
PASSEURS est une exposition à l’espace Kracberg, à Paris XIVè, tout près de la gare Montparnasse. Avec divers artistes qui vivent toujours dans le territoire en Amazonie et dans le Cerrado. Ainsi ces contemporains représentent, dans leurs œuvres, les récits d’autrefois. Avec leurs histoires et leurs cosmovisions. Dans un mélange de réel et d’imaginaire propres à ces populations très créatives.

Or les traits de leur peinture dite « naïve » sont esthétiquement beaux et différents par leur fraîcheur. Car ils représentent le vivant visible et invisible. C’est à dire leur relation quotidienne avec la mère Nature, qui les entoure et les nourrit. Mais aussi avec leur imaginaire riche en rêves nourri en légendes, en rituels, en médecines, entremêlés par des expériences avec des humains et des non-humains.
Passeurs des artistes liés à la Nature
Ainsi tout ce qui peuple le monde est dans leur peinture. Tels que, par exemple, les esprits de l’eau, de la terre, du ciel. Car c’est le monde des Huni Kuin, Macuxi, Nonuya-Uitoto, Yanomami Pataxoop, Yepá Mahsã (Tukano).
En fait cette manière d’être est aussi une façon de transmettre cette riche culture aux nouvelles générations et à la maintenir vivante.
Voilà donc que ces artistes Passeurs sont également des gens engagés : leaders, chamans, professeurs. Car c’est leur manière de communiquer une résistance autant écologique que politique. Dans cette communion d’art, connaissance et culture. En passant par l’histoire, les sciences, l’écologie, et l’amour de la Terre mère.
Fruits de la Terre mère
Dans une connexion harmonieuse avec la magistrale forêt et les forces de la Nature, nos ancêtres. Tout comme l’esprit du Jaguar(*) (le Pajé Onça).
Ainsi, pour eux, lorsque nous nous nourrissons de fruits de la terre, nous recevons l’énergie des arbres et des oiseaux, qui s’y reposent. Au-delà de permettre la reproduction tel un témoignage de la vie dans un perpétuel mouvement de transformation.
Trudruá Dorrico Makuxi
Bref la commissaire de cette exposition est la jolie autrice, artiste aborigène brésilienne Trudruá Makuxi. Ici, à l’espace Krajcberg, elle porte une jupe en soie de Buriti (fibre très fine de ce palmier).
Trudrúá Dorrico Makuxi appartient au peuple Makuxi. Dont le territoire se situe dans la forêt amazonienne. Juste à la frontière entre le Brésil, le Venezuela, la Colombie et les Guyanes.
Or son prénom Trudruá vient, explique-t-elle, d’une « fourmi qui vit dans la savane du Roraima (Nord du Brésil) ». Aussi, pour cette chercheuse en littérature autochtone, « La Forêt est notre première résidence artistique (Yu Miri amainon anna artistica yewl) ».
En outre cette femme engagée invite les instances à reconnaître les peuples autochtones comme des êtres vivants. Mais aussi comme des acteurs fondamentaux pour le présent et le futur du pays. Dans une relation respectueuse avec toutes les forces de la Nature afin de mieux la protéger. Et, par conséquent, nous protéger nous-mêmes en conscience des enjeux environnementaux et du changement climatique.
Par ailleurs, aujourd’hui, l’artiste présentera également son livre Le Temps de la reconquête. Où elle dénonce la colonisation. Aussi elle sera accompagnée de Stephen Rostain. Un archéologue, spécialiste de l’Amazonie, directeur de recherche du Centre national de recherche scientifique – CNRS.
Enfin dans le dossier de presse de cette exposition, Capucine Boutte évoque des mots du célèbre Ailton Krenak, qui appelle à « ré-enforester ». C’est à dire à « prendre conscience que nous devons nous inspirer de la forêt pour revoir notre relation au monde et respecter l’autre ».
Espace Krajcberg
Quant à l’artiste Frans Krajcberg il est connu par son militantisme envers la préservation de la Planète. Et la sensibilité de son regard sur la Nature. Celui-ci révèle sa poésie et éveille le public sur la protection des forêts.
Bref, dans un regard croisé avec l’exposition Passeurs, Krajcberg dialogue avec des artistes invités par Trudrua Makuxi. C’est jusqu’au 18 juillet 2026.
NOLDS.
Note :
(*) Le Jaguar c’est le plus grand félin des Amériques. Alors, par son importance environnemental et pour survivre, il a besoin de grandes superficies préservées pour se déplacer et se nourrir. Sans oublier que son rôle est essentiel dans la préservation de la flore, de la faune, des rivières, contrairement à l’homme.

