Summer White au cinéma le 18 août 2021

Avec Summer White, le mexicain Rodrigo Ruiz Patterson réalise un film remarquable sur l’adolescence.

Summer White est une fiction sensible et troublante sur l’adolescence, cette phase fragile et délicate de la vie d’un être. Où tout peut basculer d’un moment à l’autre. Tandis que parfois les parents ne savent plus, forcément, sur quel pied danser. Ce film de Rodrigo Ruiz Patterson se remarque aussi par sa forte qualité esthétique et des acteurs attachants.

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Sophie Alexander-Katz ©Summer white

Summer White est un premier film de Rodrigo Ruiz Patterson. Il parle de la relation affective entre un adolescent et sa mère. Ça se passe à Mexico City.

Trois acteurs mexicains de poids portent ce film à l’écran. Ce sont : Sophie Alexander-Katz (Valeria), Fabián Corres (Fernando), et le jeune Adrián Rossi (Rodrigo) dans son premier rôle.

Summer White est le premier long métrage fiction de Rodrigo Ruiz Patterson. Cet écrivain issu de l’excellente école de cinéma de Mexico City, ville où il est né, réalise dès le départ de courts-métrages originaux. Comme Paradisio (2013) et Arreglo napolitano (2019), reçus dans une vingtaine de festivals nationaux et internationaux, tels que Cannes, La Havane, Morelia, Raindance. Par ailleurs, en tant que scénariste, ce mexicain coréalise un documentaire, 70′, Bad Hombres (2019).

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Rodrigo dans la casse ©Summer white

L’intrigue de Summer White

Dans Summer White le scénario raconte l’histoire de Rodrigo, 13 ans. L’adolescent dort mal comme beaucoup de jeunes de son âge. D’autant plus que, lui, il habite tout près d’une autoroute. En effet ce garçon solitaire vit à Mexico City avec sa mère, Valeria. Par ailleurs, il existe une forte relation de confiance entre la mère et le fils. Or cette relation affective, presque fusionnelle, plaît à l’enfant qui aime se blottir comme un « chaton » contre sa jeune mère.

Sauf qu’un jour Valeria tombe amoureuse de Fernando, un très gentil chanteur qui ensuite s’installe chez eux. Certes, cette présence masculine apporte une touche agréable à la maison. D’autant plus que Fernando essaie de façon sympathique de s’approcher un peu plus du jeune homme. Car il lui apprend, par exemple, à conduire dans sa propre voiture flambant neuve.

Apparemment une certaine complicité aurait dû s’installer entre les deux hommes. Mais ce n’est pas le cas. En fait, l’adolescent ne supporte pas d’entendre le plaisir ressenti par sa mère avec cet « intrus », dans la pièce à côté. Du coup Rodrigo se montre jaloux de ce tiers qui est en train de lui prendre Sa place.

Une mère qui doit choisir

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Rodrigo et Fernando (Fabián Cores) ©Summer white

Or en dépit de la bonne volonté du beau-père, Rodrigo va jouer aux 400 coups. Et manifester sa tendance pyromane, qui va ressortir de plus belle.

En effet le jeune homme se sent trahi. Puis il sèche les cours à l’école, ou erre dans les rues. Puis, un jour où il fait très chaud, Rodrigo se rend dans une casse, où il transforme un motorhome en refuge. Dans ce lieu abandonné il laisse s’exprimer ses révoltes et ses fureurs.

Mais Rodrigo trahit aussi sa mère. Il lui ment. Alors que Valeria est persuadée que son fils ne lui mentira jamais, si elle lui demande de jurer sur sa vie à elle…

Un fil conducteur puissant

Ainsi l’adolescent est le fil conducteur de Summer White. Rodrigo est le fils d’un père absent et d’une mère aimante, qui l’élève seule. Résultat, elle le protège de manière excessive, et lui donne trop de libertés sans établir des limites. Par exemple, lorsque Valeria demande à son jeune garçon de lui donner une cigarette et qu’elle la fume devant lui…

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un adolescent ?

En effet, malgré l’apparence d’un adulte, à l’âge de 13 ans le cerveau d’une personne n’est pas plus achevé que son corps.

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Adrián Rosi (Rodrigo) ©Summer white

Car les aptitudes sociales et émotionnelles sont façonnées par l’expérience. Aussi les régions du cerveau qui les contrôlent ne se développent que vers la fin de l’adolescence, quand l’enfant a déjà plus de vécu. Donc, la plupart des jeunes adolescents vivent dans un bouillonnement hormonal sans comprendre ce qui se passe. En même temps qu’ils découvrent un corps nouveau, qui change sans pouvoir être contrôlé. Alors qu’ils veulent s’affirmer en tant qu’adultes, mais sans pouvoir maîtriser ni la tête ni le corps.

En somme dans cette phase charnière, où le corps semble mûr mais la tête ne l’est pas, les émotions sont encore hors de contrôle. Et des émotions nouvelles se mêlent causant des tourments qui sont difficiles à gérer. En outre, surtout les garçons, ils ont des difficultés à s’exprimer et à résister à l’envie de passer à l’acte. Or, du coup, leur comportement peut devenir quelquefois violent.

Dans ce sens il est de bon ton que les parents n’oublient pas leur propre jeunesse. Afin de protéger leurs enfants de leur propre cerveau, et pouvoir canaliser certains de leurs comportements pour éviter des grosses bêtises.

La perception du réalisateur

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Rodrigo et Valeria ©Summer white

Voilà pourquoi le réalisateur a préféré mettre en scène cette histoire à partir du point de vue de l’adolescent, de sa perception visuelle, ainsi que émotionnelle, psychologique et auditive.

Une bonne qualité sonore

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Rodrigo Ruiz Patterson ©Summer white

D’autre part, ce film dense et tendu ne fait entendre que très peu de musique. Comme I love you baby de Maurice Williams & The Zodiacs et des musiques diégétiques, qui font partie de l’action. Telle celle qui est jouée dans la boîte de nuit ou encore une autre que l’adolescent écoute au casque.

D’ailleurs cette fiction de Rodrigo Ruiz Patterson est presque un huis clos nuancé. Résultat, Summer White est un film intimiste fort, servi par de beaux gros plans et de bons acteurs. Mais c’est aussi un film assez troublant sur l’amour, autour d’une relation spéciale et complexe entre un adolescent et sa mère.

Bref, suite au Coronavirus et le long confinement imposé aux lieux culturels, considérés comme « non-essentiels » dans le pays des frères Lumière (*), Summer White est accessible dans les salles de cinéma à partir du 18 août.

NOLDS.

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(*) Ces deux génies français pleins d’imagination, Auguste (1862 – 1954) et Louis Lumière (1864 – 1948), des ingénieurs et industriels considérés comme les pionniers du cinéma. Dont les prouesses sont loués dans le monde entier.

 

 

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