Obadias Garcia, un chef Sateré-Mawé en Europe

Le chef politique de la tribu amazonienne des Sateré-Mawé, Obadias Batista Garcia, se rend en Europe pour parler du waraná. Et de l’importance d’une alimentation saine, sans pesticides, issue d’engagements équitables et environnementaux.

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Obadias Batista Garcia à Paris ©RDI

Obadias Garcia est là pour sensibiliser des bienfaits de son Projet Waraná, le guaraná sauvage, celui des Sateré-Mawé, un produit noble, considéré comme le meilleur au monde. Invité par Slow Food, le grand chef des Sateré participe au salon international du goût Terra Madre 2018, à Turin, au nord-ouest de l’Italie. Car il est convaincu que  « nous avons besoin d’une Terre saine, libre de pesticides ».

Obadias en voyage de travail

Dans ce déplacement, fin septembre, assez loin de ses terres amazoniennes, Obadias se rend à Paris. Où Regard’Infos le rencontre, chez Guayapi.

Guayapi
Guayapi à Paris 12è ©RDI

Alors cet homme bronzé raconte les nombreux méfaits causés à son peuple. Suite à l’ingérence par les gouvernements brésiliens successifs, et l’arrivée de plus en plus intensive de prospecteurs. Leur but : détruire la forêt et leur culture au nom de l’argent. « Nous avons dû lutter sans cesse pour garder nos droits sur les terres de nos ancêtres qui y restaient ». Avec son regard intense et passionné, il explique comment il a réussi à y faire face.

Elf-Aquitaine obligée de plier bagage

Dès qu’en « 1981 ELF – Aquitaine s’associe au gouvernement brésilien [Petrobras] pour prospecter chez nous, et viole notre territoire Andirá-Marau [en l’éventrant par une route de 344 km causant la mort de 4 indigènes] s’en suivent huit années de luttes. Néanmoins nous avons réussi à expulser l’entreprise française pétrolière, et à avoir gain de cause. Ainsi ELF nous a dédommagés pour les préjudices causés [500.000FrF = 76 224€]. Puis on a continué à faire pression sur le gouvernement pour la démarcation de nos terres. »

CPSM
Logo CPSM ©FUNAI

Alors en 1987 les Sateré-Mawé forment leur Conseil Général de la Tribu Sateré MawéCGTSM avec un management cosmos visionnaire, ainsi que le Consortium de Producteurs Sateré-Mawé CPSM ayant un but socio-culturel. Ensuite la Constitution de 1988 dans les articles 231 et 232, délimite leur territoire traditionnel (Tekohas) sur une superficie de 788.538 hectares. Au-delà d’assurer la santé et l’éducation de sa population.

Un enseignement contre éducatif et tendancieux

Sauf que ces bonnes décisions sont à double tranchant. « L’enseignement mis en place par le gouvernement était celui des blancs », déplore Obadias. Il s’avère pervers pour son peuple, puisqu’il n’est pas adapté.

Ainsi dans ces années là « l’éducation offerte par le gouvernement, malgré d’être bilingue et différentielle, ne correspondait pas à notre tradition. Puisque leur enseignement ne visait qu’à former le Sateré à être individualiste, à être consommateur et à intégrer leur société dite « civilisée ». Puis en échangeant sa force de travail contre un salaire, le Sateré avait de l’argent pour pouvoir manger à l’heure qu’il voulait. Du coup pour manger il n’avait plus besoin de : planter, de produire, de cueillir, de chasser. De plus avec l’intégration de l’Indien, l’État en a profité pour introduire les produits industrialisés dans notre alimentation. » Résultat : les Sateré tombent malades, et demandent de l’aide au gouvernement.

Et ainsi débute tout un cercle vicieux. « Des nouveaux bateaux sont arrivés pour déplacer les patients, et apporter des médicaments industrialisésPeu à peu nos villages ont été transformés en villes, en agrovilles. Cela a été un vrai désastre pour notre culture. Il fallait donc faire quelque chose, parce qu’on allait tout perdre. Notre tribu allait disparaître comme ça s’est passé aux États-Unis, puisque le gouvernement brésilien a la même politique. »

Logo-Sateré-Mawé
Logo Sateré-Mawé

Un cheval de Troie en Amazonie

C’est pourquoi Obadias récapitule quelques différents services créés au Brésil, pour mieux s’infiltrer dans leur territoire par des mensonges d’État.

Par exemple « le SPI – Service de Protection de l’Indien [fondée par le maréchal Rondon en 1910], que je titre Service de Persécution de l’Indien. Leur but : déplacer les Indiens de la jungle à la ville, afin de les éloigner de leur culture et les anéantir. Ensuite les instances remplacent ce service par la FUNAI – Fondation National de l’Indien [crée en 1967]. Mais pour nous ce sigle signifie plutôt Funéraire des Nations Indigènes. Puisque c’est la FUNAI qui a introduit l’éducation chez nous, pour mieux nous manipuler. Diviser pour régner, c’était la tactique de la FUNAI.»

Le projet Waraná d’Obadias

Pourtant les Sateré arrivent à sortir de cet impasse. Surtout grâce à une forte volonté et à la ténacité d’Obadias. Alors en 1993 ce chef prend le taureau par les cornes et le projet Waraná est né.

Il explique que le projet Waraná s’intègre à l’ethnodéveloppement. Car il est conçu et effectué par le peuple Sateré-Mawé, afin de préserver et fortifier leurs savoirs. Tout en incluant la production du guaraná au commerce durable, dans un échange gagnant-gagnant.

WaranáEn même temps il permet la réhabilitation de la culture de la tribu des Sateré Mawé. Tout en faisant un commerce équitable, juste et transparent. Le Waraná a rendu ainsi l’autonomie des siens, et ses producteurs vivent sans aucune subvention du gouvernement. Ils refusent l’assistanat qui peut être un tremplin pour l’esclavage.

Les Sateré vivent donc entièrement de leur production. Avec leurs valeurs ancestrales, dans leur territoire où la production est rentable. De plus cela a permis à ce peuple, qui est indissociable de la forêt, de vivre en phase avec lui-même.

Banque génétique et pousada écologique

Et sans s’interdire pour autant de s’adapter au monde actuel. Les producteurs de waraná réunis ont mis en place une banque génétique naturelle et unique au monde. Ils ont construit une pousada communautaire « Vinte quilos » toute équipée en énergie propre, où ils font de l’écotourisme.

Par ailleurs le projet Waraná a aussi un rôle social puisqu’il évite aux Indiens de déprimer, ou d’aller s’entasser dans les bidonvilles d’Amazonie, Brasília, Rio ou São Paulo.

De ce fait les Sateré sont devenus une référence au Brésil par leur contribution saine et rentable à la protection de la Nature, de l’Indien, et de l’environnement.

Pédagogie et enseignement adaptés

Fier, Obadias relate : « Depuis nous gérons nous-mêmes notre territoire, de facto et de droitDans nos écoles nous avons diverses formations adaptées. Où on étudie entre autres le développement durable, l’économie, l’administration, la phytothérapie, la politique, le cinéma. Et proposons des bourses aux universitaires.

Au delà d’être une alternative unique, et économiquement bien réussie, le projet Waraná a « une philosophie. Il s’agit du bien être et de la survie de notre peuple, qui a besoin de vivre en accord avec la biodiversité».

Le projet Waraná répare les dégâts de l’État

En revanche, Obadias avoue qu’« au départ après l’éducation des blancs ça a été très difficile de réintroduire le besoin de revenir aux valeurs ancestrales dans la tribu ». Mais le succès de son projet a facilité leur adhérence « petit à petit ». « Aujourd’hui 338 familles participent au projet. C’est beaucoup mais peu en 25 ans d’existence », se lamente-t-il.

Rééduquer pour sauvegarder le patrimoine

Malgré quelques sceptiques Obadias croit dur comme fer en son projet et il continue sa lutte. « Notre objectif est de sauver notre culture, nos connaissances, notre science, et rééduquer notre peuple. Puisque dans la forêt il y a tout ce dont nous avons besoin : nourriture de qualité, une quantité innombrable de plantes médicinales, et toute une science. C’est cela que nous valorisons dans nos écoles, parce que : qui n’a pas de terre n’a rien. Ce qui permet la vie c’est la nourriture qui vient de la Terre. Car l’argent ne donne pas la vie. On ne mange pas de billets de banque, et pour se nourrir il faut acheter des produits. Or d’où viennent ces produits ? Ils viennent de la Terre. Et s’il n’a plus de Terre, qui va produire ?  »

Que c’est-ce que c’est le Waraná ?

Waraná
Le fruit Waraná, nom original du guaraná

La plante mère du waraná(1) s’est installée, naturellement, depuis l’origine des temps dans la région des Sateré-Mawé. Il va sans dire que cet arbuste est mythique pour cette tribu.

Le waraná est un fruit fabuleux. Quand son joli fruit éclate il ressemble à un œil. De sa peau rouge-orangé sort une vraie perle noire qui brille au centre d’une pulpe blanche. C’est un fruit magique, 100 % naturel. Un super-aliment reconnu dans le monde entier pour ses vertus. Il est recommandé en cas de fatigue, de problèmes intestinaux, urinaires, cardiovasculaires. Au-delà d’être considéré comme un viagra.

Waraná, une méthode ancestrale

Chaque petit fruit est cueilli, baie par baie, à la main avant d’être travaillé. Dans le documentaire « Á la poursuite du Guaraná », de Jean-Pascal Bublex, on voit le processus de préparation des baies. Elles passent six jours à griller sur un four d’argile. Remués sans cesse par des mains expertes, en douceur, afin de ne pas les casser. C’est la seule manière d’assurer que ses précieuses substances actives restent intactes.

Alors la perle devient dure et croquante. Ainsi protégée, dans son intérieur, sa graine précieuse garde toutes les propriétés de ses oligoéléments et tanins. Fabriqué de cette façon, dans les règles de l’art ancestral, le Waraná concentre toutes ses vertus organoleptiques. « C’est pour ça, dit Obadias, que le guaraná Sateré-Mawé est reconnu comme le meilleur au monde. »

Une fois séchée, la graine se conserve longtemps. Elle peut être consommée telle quelle comme un bonbon. Peut être réduite en poudre puis mélangée dans l’eau pour faire la boisson du même nom, waraná ou sapô. Une boisson sacrée pour leur tribu. Ou être malaxée entre les mains avec un petit peu d’eau pour prendre la forme d’un bâton. Ou encore transformée en sirop et être mélangée à des fruits frais, comme l’Açaí, dont les brésiliens raffolent.Nusoken

Waraná dans le dictionnaire

Le waraná reprend ses droits. En guise de reconnaissance, le nom de cette plante emblématique pour les Sateré, va bientôt trouver sa place « dans le dictionnaire de la langue portugaise brésilienne ».

Waraná et guaraná

En fait « waraná [est le nom ancestral en langue Tupi qui] signifie l’origine de la connaissance. Ça s’écrit avec un « w », et non avec un « g », précise Obadias. Guaraná est l’appellation donné par les blancs. »

Certes le waraná est bien différent de la boisson industrialisée appelée aussi guaraná. Et, contrairement au guaraná industriel, chimique, le waraná Sateré-Mawé est un pur produit de qualité.

Et voilà la raison pour laquelle les Sateré-Mawé ont décidé d’identifier leur nectar. Ils ont déposé la marque « Waraná » par une appellation d’origine contrôlée, afin de ne pas duper le consommateur.

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Sérgio Batista Garcia à Paris ©RDI

Mais le grand Chef déplore qu’en dehors du territoire des Mawé le guaraná soit cultivé de manière intensive pour la fabrication d’un soda industriel. Et Sérgio, 32 ans, l’un des six enfants d’Obadias, qui suit le travail de son père depuis tout petit, ajoute « En usine la torréfaction brutale plus les additifs dénaturent le grain, enlèvent ses principales qualités, et l’on ne retrouve plus grande chose du fruit. En outre il est le résultat de produits agrotoxiques».

Un savoir familial exporté depuis la nuit des temps

Obadias, 52 ans, confie également que son « arrière arrière grand-père exportait déjà le waraná, au XVIIIè siècle, même en France ». Quant à son père il était un expert de la chasse et de la pêche au delà d’être un tireur d’élite d’arc et flèche hors pair. Tandis que du côté de sa mère c’étaient des entrepreneurs.

La jeune génération prend le flambeau

Dans ce voyage européen cet homme charismatique se fait accompagner non seulement de son fils Sérgio Batista Garcia, responsable des certifications et trésorier du CPSM, mais aussi d’une spécialiste amazonienne de l’écogastronomie Sateré, l’agricultrice Jacilene Michiles. Sérgio et Jacilene sont ici pour représenter la nouvelle génération active de la défense de la forêt amazonienne, qui vit avec son temps tout en profitant de l’enseignement des ancêtres. Malgré son portable à la main, Sérgio réagit contre le système capitaliste qui amène notre Planète à la

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Jacilene Michiles, agricultrice et gastronome Sateré-Mawé ©RDI

catastrophe. « On a arrêté de produire du bio. On a arrêté de manger de la nourriture saine, pour manger des transgéniques industrialisés que les multinationales mettent sur nos tables. Aujourd’hui nous revenons à nos valeurs du passé, parce que nous voulons manger de la bonne nourriture. Mais nous voulons aussi avoir une traçabilité pour savoir sa provenance, son engagement envers la nature et si elle a une politique de commerce juste. »

Nusoken – un lieu d’origine mythique

Dans ce sens et grâce à la collaboration d’un italien engagé, Mauricio Fradoni, Obadias a créé le site des enfants du guaraná Nusoken.

Pour les Sateré-Mawé, Nusoken est le paradis, leur lieu d’origine, où habitent leurs héros mythiques. C’est là où se trouvent toutes les plantes et tous les animaux utiles aux Mawé, et qui correspond à leur territoire.

Les Sateré-Mawé sont originaires du Nord du Brésil, juste à la frontière des états d’Amazonas et Pará, aux embouchures des rivières Andirá et Marau. Leur territoire est aussi grand que la Corse (780.000 hectares).

Guayapi et Claudie Ravel

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Claudie Ravel, 13/5/17 ©RDI

Pour arriver à ses fins et divulguer son projet Obadias compte sur un soutien de poids. Celui de la marseillaise Claudie Ravel, engagée dans le commerce juste et équitable, « avec un lien direct entre le producteur et le consommateur, pour éviter les intermédiaires, affirme-t-elle. Ainsi les producteur peuvent vivre de leur récolte. Dont le prix est 10 fois supérieur au prix de vente du marché, comme c’est le cas du Waraná ». En clair, le commerce équitable, respecte la dignité humaine et la nature. Du coup tout le monde trouve son compte. « C’est du gagnant-gagnant. C’est payer le prix juste dans un commerce respectueux de la Planète, aussi des êtres qui y habitent et y travaillent. » Claudie a fondé Guayapi dans un souci de valoriser les plantes nobles et exotiques, cultivées et transformées de manière respectueuse, qu’ elle vend dans son épicerie fine à ses « 10 mille clients ».

La déforestation amazonienne continue

Mais au Brésil, comme ailleurs, la préservation de l’environnement et le commerce équitable ne pourront se faire, en profondeur, qu’avec une parfaite collaboration entre les gens de bonne foi et le gouvernement, où la corruption et le lobby font ravage. Et la forêt amazonienne, avec son patrimoine, sa faune, sa flore, continue à diminuer de surface par des incendies criminels, par des barrages, par l’abattage des arbres pour y mettre bovins ou soja transgénique. Comme souligne un communiqué de lONG – IPAMInstitut d’Étude environnementale de l’Amazonie, la déforestation fait ravage « à un rythme plus lent, mais la destruction continue ». « Avec 6.624 km2 de déforestation (de juillet 2016 à août 2017), nous avons atteint une surface équivalente à celle de l’Allemagne et du Portugal », souligne Paulo Moutinho, chercheur de l’institut.

Une politique respectueuse de l’être humain et de la Nature

Enfin au travers des rencontres, le projet Waraná vise à faire un lien entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Son porte parole souhaite ainsi créer un projet politique différent du système actuel.

Obadias vise une politique qui respecte l’environnement. « Sans la Nature la vie n’existe pas, précise-t-il. Voilà la raison pour laquelle on doit préserver la Terre nourricière. Afin que tout le monde puisse survivre, de manière juste, durable, responsable, et en harmonie avec la Nature. »

Harrison Ford et Obadias

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Harrison Ford, Sommet de l’Action Global pour le Climat ©SAGC

Le chef Sateré-Mawé fait entendre sa voix tout comme Harrison Ford, le 13 septembre, au Sommet de l’Action Global pour le Climat. L‘acteur de Star Wars et d’Indiana Jones, 76 ans, visiblement très ému, pousse un cri de colère contre l’inaction des gouvernements. Car « aujourd’hui la destruction de la Nature est responsable de plus d’émissions que tous les voitures et camions(2) du monde. On peut mettre des panneaux solaires dans chaque maison. Ou changer chaque voiture en véhicule électrique, mais tant que Sumatra(3) brûlera on aura échoué. 

Si nous n’arrêtons pas la destruction de notre monde naturel rien d’autre n’aura compté. [On doit] restaurer et protéger les forêts, les mangroves, les zones humides. [Car] ces immenses absorbeurs de carbone, représentent au moins 30% de ce qui doit être fait pour éviter un réchauffement catastrophique(4). »

Du pouvoir aux indigènes

Les dires d’Harrison renforcent les propos d’Obadias. Pour lui Il faut « donner le pouvoir aux communautés indigènes », utiliser leurs : savoir, histoire, imagination. La science doit être mise à disposition pour sauver leur héritage, leurs terres, respecter et assurer leurs droits. « Pour l’amour de Dieu, cessons de dénigrer la Nature. Cessons de donner le pouvoir à des gens qui ne croient pas à la science. Ou pire encore, qui prétendent ne pas croire en la science pour défendre leurs intérêts personnels. »

Mais sur cette Planète, « riches ou pauvres avec ou sans pouvoir » souffriront des effets du changement climatique et de la destruction des écosystèmes. Aussi pour Harrison « nous sommes face à la plus grande la crise morale de notre temps ». Pour conclure il nous propose d’assumer nos responsabilités. De nous « éloigner des téléphones, remonter les manches, et botter le cul de ces monstres » qui détruisent la Terre.

Un projet qui porte des fruits

Et, dans ce sens, l’expérience Sateré-Mawé prouve que l’on peut lutter contre ces monstres. Que l’on peut préserver le patrimoine de l’humanité même avec des profits et sans faire de dégâts. L’exemple du projet Waraná donne une belle leçon. En effet la tribu Sateré-Mawé est l’une des rares à avoir réussi à préserver son indépendance au Brésil. Au contraire des Kayapós ou des Guarani-Kaiowá(5).

Toutefois le chef Obadias continue à se battre pour valoriser la culture de la forêt amazonienne, et de ses premiers habitants. Puisque l’Amazonie est considérée comme le cœur et le poumon de la Planète mais elle continue à être dévastée.

Bref, Obadias et Harrison, font partie de deux générations différentes d’Amérique du Sud et du Nord. Mais les deux hommes partagent la même inquiétude : la survie de l’humanité. Il faut donc que tous les Terriens les suivent. Et, voilà pourquoi ils sonnent l’alarme contre les fous qui nous gouvernent(6).

NOLDS.

Note :

(1) Waraná, Paullinia Sorbilis, arbuste et fruit natif de la forêt amazonienne, cultivé par les Mawé. Transformé principalement en poudre, sa baie est surtout utilisée comme médicament ou boisson. Ses fleurs sont petites et sa capsule fournit une graine riche en substances excitantes, très riche en xanthines. Une substance organique azotée blanche, microcristalline, qui est un constituant de la théobromine, de la caféine ou de la théine. Elle existe en certaines plantes mais aussi dans les muscles, dans l’urine, et en divers organes (Aurélio Buarque de Holanda).

"L-Automobile"
« Automobile » d’Eric Leser

(2) Lire l’édifiant « L’Automobile », enquête sur une politique scandaleuse, d’Éric Leser, paru en septembre chez Eyrolles. Où il donne une vision originale et pertinente sur les dangers de la “fracture” automobile, pour une grande partie de la population oubliée des politiques. Il éclaire sur les “approximations” des politiques. Dont les discours changent en fonction de leur intérêt du moment.

(3) L’île de Sumatra en proie à des incendies. Des incendies incontrôlables qui ravagent ses forêts tropicales exceptionnelles et étouffe sa population. En cause : l’agriculture irraisonnée pour la production d’huile de palme, dont l’Indonésie est le premier producteur mondial.

Canard-enchaîné
Dossier du « Canard »

(4) Bande annonce « Les Naufragés de l’Ïle Jean Charles », 2’20. Un excellent documentaire, de Jean-Pascal Bublex,  sur les premiers réfugiés climatiques. Ça se passe aux États-Unis, chez les amérindiens francophones de Louisiane, qui voient leur ’île disparaitre sous les flots. Un territoire successivement ravagé par la montée des eaux, les ouragans, les catastrophes environnementales, provoquées par l’industrie pétrolière (FRTV-Point du Jour, 2016).

(5) Voir le dossier de Regard’Infos sur la position du gouvernement brésilien envers les Guarani-Kaiowá, mai 2017.

(6) « Les Dingos du pouvoir »  d’ici et d’ailleurs, de la politique, du sport, du bizness et de l’écran. Dossier n° 148 du Canard enchaîné, juil 2018.