« Rosalie » de Stéphanie Di Giusto en salles dès ce 10 avril

D’après l’autobiographie de Clémentine Delait (1865 – 1939) mondialement connue comme « la femme à barbe ».

ROSALIE est un biopic réalisé par Stéphanie Di Giusto, dont les protagonistes sont la touchante Nadia Tereszkiewicz et le formidable Benoît Magimel. Nadia joue le rôle de Rosalie, une jeune femme des années 1800 avec barbe et poils importants sur le corps. Benoît incarne Abel, un gentil tenancier de café. Abel a des dettes et la dot de Rosalie l’aidera à garder son bar. Auparavant, ils ne se sont jamais vus. Abel ne connaît pas le secret de la jolie Rosalie. Ils se marient…

« Rosalie » une femme de tête

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Stéphanie Di Giusto, à Cannes, entourée des acteurs de « Rosalie » ©AVC

Aussi la douce Rosalie est une personne de caractère. Elle veut s’émanciper et vivre pleinement sa vie de femme sans contraintes. Cette jeune vosgienne, qui sait tout faire, va donc assumer ses poils. Du coup elle s’entête par amour propre, décide de ne plus se raser et à garder sa barbe. Afin d’être aimée telle qu’elle est, malgré le prix à payer dans ces années là.

Résultat : Rosalie va donc devoir affronter le regard des autres. Accompagné d’humiliations, et son lot d’injustices et méchancetés, pour imposer sa différence dans un village de France hostile à l’inconnu. « C’est un très bel hymne à l’humilité, à la persévérance, et à l’amour », selon le journaliste Yann Mano Daydé.

Un film qui fait réfléchir

Car cette fiction est pleine de générosité. Elle est bouleversante. Avec de très beaux costumes de Madeline Fontaine, dont une robe bleu « aux couleurs végétales », de très belles images, une superbe lumière. Également le son est à remarquer. Il donne le ton, dès le début du film. Pas de bruitages. Sans oublier la très belle musique de Samuel Barber. Une bonne distribution, voire la photo ci-dessus. À savoir : Juliette Armanet (Clotilde), Anna Biolay (Jeanne), Guillaume Gouix (Pierre), Benjamin Biolay (Barcelin), Gustave Kervern (Paul).

Aussi à évoquer les effets, très précis, du maquillage (œuvre de Marion Chevanche), des capillaires (de Mélanie Gerbeaux), de la coiffure (cheffe coiffeuse Aude Thomas). Ainsi tout est dans les « détails pour ne pas en faire trop mais le strict nécessaire, au millimètre près. Pour bien féminiser le personnage de Rosalie  », souligne la réalisatrice à la séance d’avant première.

Or ici, dans ce film sélectionné au Festival de Cannes en 2023, dans Un Certain regard, tout est vrai et réel. Tous les décors sont « naturels ». Tout se passe dans un vrai village breton. Sauf une scène onirique et surréaliste. Car celle-ci est tournée dans un superbe vrai théâtre situé dans la forêt vosgienne.

Bref, voilà des éléments qui font de Rosalie un film sensuel, sensible, agréable à voir, violent et tendre à la fois, avec des personnages attachants. C’est une mise en scène très réussie de Stéphanie Di Giusto sur l’histoire de cette femme complexe, aux mains de fée, libre, née différente.

NOLDS.